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1. Faire de la fonction sociale de l’entreprise une priorité stratégique : inciter et contraindre 2. Organiser la société commerciale à partir du projet d’entreprise plutôt qu’à partir du profit 3. Pour un contrôle indépendant, financier et extra-financier, des entreprises 4. Intégrer les impacts environnementaux et sociaux des entreprises dans l’analyse financière et dans l’investissement 5. Valoriser le salariat pour redonner sens à l’entreprise 6. Pour une formation, initiale et continue, à l’éthique 7. Climat : vers une économie européenne à faible intensité carbone 8. Pour un financement volontariste de la transition énergétique 9. Restaurer la fonction première des marchés à terme de matières premières 10. Pour une finance au service de l’économie 11. Mettre fin à certaines dérives des marchés financiers 12. Réguler les fonds de pension pour sauver les retraités européens 13. Désamorcer la guerre numérique et accélérer l’innovation utile 14. Pour une comptabilité sociétale et environnementale 15. Pour une fiscalité déterritorialisée des multinationales 16. Vers des outils de mesure de l’optimisation fiscale 17. Instaurer des taxes globales 18. Pour une taxe européenne, écologique et sociale 19. Réformer la BCE pour sauver la zone euro 20. Pour une économie verte, équitable et pluraliste





Contribution gnrale sur l'ouvrage

Observation sur l’intervention de Monsieur Laurent

Par Antoine de Rochefort

banque (back-office, analyste de risque de marchés, courtage actions), actuellement conseil en amorçage


Cher Monsieur, Bravo et merci de votre contribution la fois brillante et pleine de justesse. J’aurais voulu réagir sur les 2 préjugés répandus.

“Tout placement est spéculatif […] Tous les gérants audacieux de la parabole des talents sont des spéculateurs.” Vous identifiez prise de risque et spéculation ce qui est juste sur le plan technique, mais crée selon moi un amalgame malheureux si l’on ne pose pas la question de la finalité.

Si le risque est pris sur un pari et n’a d’autre finalité que la réalisation du pari lui-même, est-il vraiment identifier au risque pris pour la réalisation d’un projet ou d’une mission ? Pour qui est-ce que je prends ce risque : pour moi-même ou pour mon maître, qui disposera ? Si donc je prends un risque pour réaliser une mission confiée par mon maître, ce ne peut être la même chose que si je risque l’argent d’un tiers mon profit sans égard pour aucune mission ?

Il me semble utile de distinguer deux notions :

Les acteurs que vous citez et qui “remplissent une fonction financière des plus utiles” seraient alors des “gestionnaires de risques”. Le mot “utile” que vous avez choisi vous-même montre bien que la finalité est au cœur de la question. Cette nuance permettra peut-être aux lecteurs de distinguer la partie vertueuse du rôle de la finance en évitant l’amalgame que vous prêtez notre Saint Père. “Nul ne peut servir deux maîtres…” est encore une invitation distinguer outre les responsabilités, les finalités.

S’agissant de l’autre préjugé, je ne fais pas porter la finance la crise actuelle de l’économie réelle. Dire que la finance est nécessaire l’économie réelle est juste mais ne suffit pas écarter l’idée qu’elle puisse aussi lui causer du tort. Le scénario où une banque réseau serait en cessation de paiement du fait de ses activités de marché est improbable dans notre pays, et les conséquences sur un grippage mécanique des flux de l’économie réelle presque impossible. Cependant l’existence du Glass-Steagall Act en son temps semble montrer que les USA estimaient ce risque non nul.