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Vidéos des 20 propositions
1. Faire de la fonction sociale de l’entreprise une priorité stratégique : inciter et contraindre 2. Organiser la société commerciale à partir du projet d’entreprise plutôt qu’à partir du profit 3. Pour un contrôle indépendant, financier et extra-financier, des entreprises 4. Intégrer les impacts environnementaux et sociaux des entreprises dans l’analyse financière et dans l’investissement 5. Valoriser le salariat pour redonner sens à l’entreprise 6. Pour une formation, initiale et continue, à l’éthique 7. Climat : vers une économie européenne à faible intensité carbone 8. Pour un financement volontariste de la transition énergétique 9. Restaurer la fonction première des marchés à terme de matières premières 10. Pour une finance au service de l’économie 11. Mettre fin à certaines dérives des marchés financiers 12. Réguler les fonds de pension pour sauver les retraités européens 13. Désamorcer la guerre numérique et accélérer l’innovation utile 14. Pour une comptabilité sociétale et environnementale 15. Pour une fiscalité déterritorialisée des multinationales 16. Vers des outils de mesure de l’optimisation fiscale 17. Instaurer des taxes globales 18. Pour une taxe européenne, écologique et sociale 19. Réformer la BCE pour sauver la zone euro 20. Pour une économie verte, équitable et pluraliste





À propos de la proposition 5 — Rémunérer les opérateurs financiers leur juste valeur

Ne tirez plus …

Par Norbert Freeman

Ancien vendeur de produits financiers (sales fixed income)


Il est de bon ton, dans le contexte actuel, de tirer sur les opérateurs de marché – pourquoi pas, cela permet une expression de la vindicte populaire. L’analogie avec une option gratuite n’est pas nouvelle, il est bien évident que les opérateurs profitent des bénéfices mais ne subissent pas les pertes. Il convient toutefois de rappeler que c’est le cas pour l’ensemble des salariés d’une entreprise même si le cas des opérateurs de marché est sans doute plus flagrant.

Ce qu’il est intéressant de noter, en fait, c’est que les opérateurs de marché ne sont pas comptables des pertes engendrées dans le futur par les transactions finalisées aujourd’hui : la raison en est que les résultats des opérations de marché sont très souvent (mais pas systématiquement) enregistrées en upfront, avec actualisation de l’ensemble du P&L attendu pour la durée de vie de la transaction.

Plusieurs remarques : * un opérateur de marché est rémunéré sur la base de son P&L global qui peut, en fait, être affecté par des pertes liées des opérations passées : la théorie de l’option gratuite ne tient donc pas complètement ;

Il faut, mon sens, distinguer deux cas :<br< 1/ Si l’opérateur traite une opération parfaitement couverte et ne présentant pas de risque résiduel, il n’y pas de raison de ne pas « upfronter » le résultat de cette opération et de la comptabiliser 100%

2/ Si les opérations sont très difficilement couvrables, alors faut-il probablement revoir la hausse le système de provisionnement et favoriser la comptabilisation en running Pourtant, ce qui est en jeu, ici, c’est de changer l’horizon de décision d’un opérateur, le faire passer du court terme au long terme. S’il convient en effet de rémunérer l’opérateur en fonction des résultats long terme de l’entreprise, je ne suis pas convaincu que le malus réponde cet objectif :

Pour conclure, il faut rappeler que ce problème du « court-termisme » touche hélas le monde du business dans son ensemble, avec l’attente impatiente des « Quaterly » : c’est ce problème-l qu’il faut résoudre.